viernes, 8 de mayo de 2020

Ramadan et covid-19

 

Il y a des obsessions qui sont gratifiantes à pratiquer une fois par an, certains le font en écrivant une colonne anti-corrida, dans mon cas en parlant -contre le courant- des musulmans au Ramadan. 
Mosquée-cathédrale de Cordoue, Espagne (Photo: PND, 2018).
Il s'avère qu'il y a environ deux millions de citoyens de religion musulmane en Espagne qui célèbrent le Ramadan à partir du 24 avril, le mois lunaire du calendrier islamique avec le nom duquel nous identifions le jeûne, qui est en fait le précepte religieux et l'un des cinq piliers de l'Islam. 
Le Ramadan est probablement la plus grande période festive pour un musulman ; il commémore la révélation du Coran à Mahomet et le résultat pratique consiste en une somme de spiritualité, de relations sociales liées à la nourriture et aux horaires modifiés, ingrédients présents dans toutes les grandes fêtes de toute culture, cette année marquée par la maladie qu'ils ont appelée COVID-19, causée par un coronavirus, et l'enfermement à la maison qui en a résulté.
Du point de vue de la communauté, ce Ramadan a commencé par la mort, suite à la pandémie, de Riay Tatari, président de la Commission islamique d'Espagne depuis plusieurs décennies, un Espagnol d'origine syrienne qui est arrivé dans ce pays dans les années 70 pour étudier la médecine et qui est resté ici, représentant et parlant aux musulmans pendant des années avec l'administration et l'imam de la mosquée du quartier madrilène de Tétouan. Les adieux sincères publiés, même par des représentants d'autres confessions, et le souvenir de l'auteur d'une ancienne interview, confirment le caractère unique de la personne et l'appréciation qu'elle a suscitée. 
Comme il n'est pas trop connu, car il fournit des informations pour mentionner qu'en Espagne pour la première fois ce chiffre frappant de deux millions de musulmans a été dépassé, mais dans cette colonne je pense que je n'ai pas besoin de titres spectaculaires et en plus le calcul est une estimation, dans notre pays la confession religieuse n'apparaît pas parmi les données du recensement (la source est le rapport annuel sous le nom « Etude démographique de la population musulmane », élaboré par l'Union des communautés islamiques d'Espagne -UCIDE-).
Il peut être surprenant que la première nationalité parmi les musulmans d'Espagne soit l'espagnol, suivi de près par les marocains (chacun comptant plus de 800 000 fidèles) ; à une grande distance, avec un peu moins de 100 000, les citoyens ayant la nationalité du Pakistan, du Sénégal et de l'Algérie. Le fait qu'il y ait beaucoup d'immigrants nationalisés parmi le collectif est une autre des réalités très réelles et très ignorées de notre pays, parce qu'ils sont aussi espagnols que les autres, par exemple, lorsqu'il s'agit de voter. 
Les municipalités qui comptent le plus grand nombre de concitoyens musulmans sont Barcelone, Ceuta, Madrid et Melilla, suivies par El Ejido (Almeria) et Murcie. Dans le monde, il est également peu commun de savoir que les pays comptant le plus grand nombre de musulmans sont l'Indonésie, le Pakistan, l'Inde, le Bangladesh, le Nigeria, l'Iran, la Turquie et l'Égypte, premier pays arabe sur la liste. Il est difficile de parler de 1,8 milliard de personnes comme d'un tout homogène, encore plus difficile d'extrapoler la version saoudienne de l'Islam ou toute autre à l'ensemble. Et jusqu'à présent, les informations.
Coronavirus 
Le multiculturalisme et la diversité religieuse en Espagne sont une réalité peu visible, ou peu visible. Ici, l'affichage public de festivités non catholiques n'a pas triomphé, comme c'est le cas en France ou du moins dans le cinéma français, ce qui reste une déclaration d'intention ; nos premiers ministres ne pensent pas non plus que rompre le jeûne de la harira le soir d'un des jours du Ramadan leur apporte quoi que ce soit, comme ils le font habituellement pour le Canada à tout moment et aux États-Unis en période démocratique. 
Cette année, afin d'illustrer la foi de manière spectaculaire, l'image de la Mecque ou du Vatican sans les fidèles donne à ces grands centres religieux l'apparence d'un centre commercial vide, dont on pourrait déduire que la divinité est une création humaine ou du moins dépend du public.
Le COVID-19 a apporté de grandes nouvelles. L'un des plus surprenants a été que dans cette grande crise sanitaire mondiale, la religion a disparu, non pas dans sa facette spirituelle et personnelle pour ceux qui ont la foi, mais dans sa part non négligeable de représentation culturelle et sociale ; voire caritative. Et même l'aspect social de la Semaine Sainte catholique, le pèlerinage du Rocío, de la Fête-Dieu et du Ramadan, a été surmonté d'un geste lunatique, mais sans grand tumulte religieux, en net contraste avec la multitude de personnes qui traînent leurs célébrations publiques. Nous avons découvert avec la quarantaine imposée par le COVID-19 qu'il est possible de vivre sans prendre la voiture tous les jours, sans faire huit achats hebdomadaires, sans les spectacles sportifs et sans les manifestations publiques de religion, tout cela ayant des éléments de modernité.
Les chroniques racontent que le tremblement de terre de Lisbonne de 1755, en plus de marquer la naissance de la sismologie, a provoqué une formidable réaction pour démontrer rationnellement l'existence du Dieu chrétien, assommant le personnel par une telle manifestation de colère divine. Elle a également eu une réponse éclairée et philosophique. Nous n'avons encore rien vu de tout cela comme une conséquence du coronavirus. 
Le Ramadan est un moment très approprié pour parler de la diversité culturelle, de l'immigration, de l'intégration, en échappant à son lien médiatique habituel avec la violence, et c'est peut-être pour cette raison que nous ne retrouvons pas souvent ce festival et ses adeptes dans les médias. Musulman et pacifique sont deux mots qui ne semblent pas bien se marier du point de vue de l'infotainment, même si nous savons depuis au moins cinq ans que le plus grand problème de violence politique en Europe et en Amérique du Nord vient de l'extrême droite violente, et non des adeptes radicalisés d'Allah. Reconnaissons les efforts déployés pour mettre en avant le Ramadan dans le "Informe Semanal" (RTVE), pour y avoir consacré un reportage (de Rabat) ; quelques demi-pages ont été ajoutées dans certains journaux, mais pas beaucoup.
Dans le tiroir des événements inclassables de cette rubrique, sous-section du crétinisme, il faut noter que le ministère des Affaires étrangères a eu le geste de publier sur Twitter « Joyeux #Ramadan à tous nos amis musulmans ! En ce début d'année atypique, nous saluons les milliers de citoyens qui célèbrent dès aujourd'hui, en #Espagne et dans le monde, cette période centrale de leur foi » ; un tweet auquel pas mal d'internautes ont répondu avec des photos de sandwiches au jambon. 
Un autre sujet qui n'est mentionné ici et qui suggère le Ramadan est que parmi les groupes qui ont été applaudis de colère ces dernières semaines (une coutume qui a été réduite), nous avons peu de souvenirs du fait que dans de nombreuses régions d'Espagne, les travailleurs de l'agriculture sont principalement des étrangers, et il y aura aussi beaucoup de musulmans. Les considérons-nous comme des héros ? Il ne semble pas que ce soit le cas.
L'équivalent de l'eau de Javel et des gels hydroalcooliques contre l'ignorance, le racisme et la mémoire reste l'information et la culture. En continuant les initiatives de l'étranger, qu'ils appellent diplomatie publique, contre toute attente, pour ainsi dire, la Casa Árabe célèbre les Nuits du Ramadan avec un programme spécial en ligne ; depuis la Casa África, ils continuent à offrir des contenus et à suivre à la minute près l'évolution du coronavirus sur le continent (malgré l'alarmisme, chez nos voisins du sud et dans le monde arabe, la pandémie ne se propage pas comme on pourrait le penser, la science nous l'expliquera à moyen terme) ; et depuis la Casa Mediterráneo, ils s'efforcent également d'encourager l'assignation à résidence. 
« Norvège 8e siècle. Un vaisseau spatial s'écrase près d'un village viking », lit-on dans le synopsis d'un film diffusé en ces temps de coronavirus. Y a-t-il quelqu'un qui puisse donner plus en onze mots ?

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Texte original en espagnol. Traduction gracieuseté du magazine Atalayar, pont journalistique d'Espagne entre rivages et cultures, où il a également été publié.

jueves, 7 de mayo de 2020

Ramadan and covid-19

Mosque-Cathedral of Córdoba, Spain (Photo: PND, 2018).
There are obsessions that are gratifying to practice once a year, some doing so by writing an anti-bullfighting column, in my case speaking against the current of Muslims in Ramadan. It turns out that there are around two million citizens of the Muslim religion in Spain who celebrate Ramadan from 24 April, the lunar month of the Islamic calendar with whose name we identify fasting, which is actually the religious precept and one of the five pillars of Islam.

Ramadan is probably the greatest festive time for a Muslim; it commemorates the revelation of the Koran to Mohammed and the practical result consists of a sum of spirituality, social relations linked to food and altered timetables, ingredients present in every great festival of any culture, this year marked by the illness that has been called the COVID-19, caused by a coronavirus, and the confinement to home that has resulted.

From the community's point of view, this Ramadan began with the death of Riay Tatari, the president of the Islamic Commission of Spain for several decades, a Spaniard of Syrian origin who arrived in this country in the seventies to study medicine and stayed here, representing and speaking to Muslims for years with the Administration and imam of the mosque in the Tetuan district of Madrid. The heartfelt farewells published, even by representatives of other faiths, and the memory of the writer of an old interview, confirm the uniqueness of the person and the appreciation he aroused.

As it is not too well known, since it provides information to mention that in Spain for the first time this very striking bar of two million Muslims has been surpassed, but in this column I think I do not need spectacular headlines and besides the calculation is an estimate, in our country religious denomination does not appear among the census data (the source is the annual report under the name "Demographic Study of the Muslim population", elaborated by the Union of Islamic Communities of Spain -UCIDE-).

It may be surprising that the first nationality among the Muslims in Spain is Spanish, closely followed by Moroccan (each one with more than 800,000 followers); at a great distance, with a little less than 100,000, citizens with the nationality of Pakistan, Senegal and Algeria. That there are many nationalized immigrants among the collective is another of the very real and very ignored realities of our country, because they are as Spanish as the rest, for example, when they come to voting.

The municipalities with the highest number of Muslim fellow citizens are Barcelona, Ceuta, Madrid and Melilla, followed by El Ejido (Almeria) and Murcia. Nor is it common to know that the countries with the highest number of Muslims are Indonesia, Pakistan, India, Bangladesh, Nigeria, Iran, Turkey and Egypt, the first Arab country on the list. It is difficult to speak of 1.8 billion people as a homogeneous whole, even more difficult to extrapolate the Saudi version of Islam or any other to the whole. And so far the information.

Multiculturalism and religious diversity in Spain are a reality that is not visible, or not very visible. Here, the public display of non-Catholic festivities has not triumphed, as is the case in France or at least in French cinema, which is still a declaration of intent; neither do our prime ministers think that breaking the harira fast on the evening of one of the days of Ramadan brings them anything, as they usually do for Canada at any time and in the United States in democratic times.

This year, in order to illustrate the faith in a spectacular way, the image of Mecca or the Vatican without the faithful gives these great religious centers the appearance of an empty shopping centre, from which it could be deduced that the divinity is a human creation or at least depends on the public.

COVID-19 has brought significant innovations. One of the most surprising has been in this great world health crisis that religion is disappearing, not in its spiritual and personal facet for those who have faith, but in its not small part of cultural and social representation; even charitable. And even the social aspect of Catholic Easter, the pilgrimage of El Rocío, Corpus Christi and Ramadan, have been overcome with a moody gesture, but without great religious agitation, in clear contrast to the multitude of people who carry on their public celebrations. We have discovered with the quarantine forced by the COVID-19 that it is possible to live without taking the car every day, without doing eight weekly purchases, without sport-shows and without public manifestations of religion, all of which has elements of modernity.

The chronicles tell that the 1755 Lisbon earthquake, apart from marking the birth of seismology, provoked a tremendous reaction to rationally demonstrate the existence of the Christian God, knocking out the staff by such a show of divine anger. It also had an enlightened and philosophical response. None of this we have yet seen as a consequence of the coronavirus.
Illustration courtesy of Casa Árabe.

Ramadan is a very appropriate time to talk about cultural diversity, immigration and integration, escaping its usual media connection with violence, and perhaps that's why it's not often you find this festival and its followers in the media. Muslim and peaceful are two words that do not seem to marry well from the point of view of info-entertainment, even though we have already been aware for at least five years that the greatest problem of political violence in Europe and North America comes from the violent extreme right, not from radicalized followers of Allah. Let's acknowledge the efforts made to bring Ramadan to the forefront of the ‘Informe Semanal’, for having dedicated a report (from Rabat); some half pages have been added in some newspapers, but not much.

In the drawer of unclassifiable events in this column, it should be noted that the Spanish Ministry of Foreign Affairs made the gesture of publishing on Twitter "Happy #Ramadan to all our Muslim friends! In its atypical beginning this year, we greet the thousands of citizens who are celebrating from today, in #Spain and the world, this central period of their faith"; a tweet that was answered by not a few Internet users with pictures of ham sandwiches.

Another topic only mentioned here that suggests Ramadan is that among the groups that have been applauded in anger during the last few weeks (a custom that has been reduced) we have little memory of the fact that in many parts of Spain the workers in agriculture are mainly foreigners, and there will also be a lot of Muslims there. Do we consider them to be heroes? It doesn't seem so.

The equivalent of bleach and hydroalcoholic sanitizing gels against ignorance and racism, is still information and culture. Continuing with foreign initiatives, which they call public diplomacy, against all odds, so to speak, Casa Árabe celebrates Ramadan Nights with a special online programme; from Casa África they continue to offer content and to the minute the evolution of the coronavirus on the continent (despite alarmism, in our southern neighbours and the Arab world the pandemic is not spreading as might be suspected, science will explain it to us in the medium term); and from Casa Mediterráneo, as they are also making an effort to encourage confinement.

"Norway 8th century. A spaceship crashes near a Viking village", reads the synopsis of a film broadcast in these times of coronavirus. Is there anyone who can give more in ten words?

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Original text in Spanish. Translation is courtesy of Atalayar magazine, a journalistic bridge between shores and cultures where this articule was also published.

domingo, 3 de mayo de 2020

Ramadán y covid-19

Mezquita Central de Madrid, sin fieles.
Hay obsesiones que resulta gratificante practicarlas una vez al año, algunos lo hacen escribiendo una columna antitaurina, en mi caso hablando contra corriente de los musulmanes en ramadán.

PARTE INFORMATIVA
Resulta que son alrededor de dos millones los ciudadanos de religión musulmana en España, que celebran desde el 24 de abril el ramadán, mes lunar del calendario islámico con cuyo nombre identificamos por estos lares el ayuno, que es en realidad el precepto religioso y uno de los cinco pilares del Islam.
El ramadán es probablemente la mayor época festiva para un musulmán; conmemora la revelación del Corán a Mahoma y el resultado práctico consiste en una suma de espiritualidad, relaciones sociales ligadas a la comida y horarios alterados, ingredientes presentes en toda gran fiesta de cualquier cultura, este año marcado por la enfermedad que han llamado covid-19 provocada por un coronavirus y el confinamiento domiciliario que ha tenido como consecuencia.
Desde el punto de vista de la comunidad, este ramadán comenzó con el fallecimiento por la pandemia de Riay Tatari, el presidente de la Comisión Islámica de España desde hace varias décadas, español de origen sirio que llegó a este país en los setenta a estudiar medicina y aquí se quedó, representante e interlocutor durante años de los musulmanes con la Administración e imam de la mezquita del barrio madrileño de Tetuán. Las sentidas despedidas publicadas, incluso por representantes de otras confesiones, y el recuerdo de quien esto escribe de una antigua entrevista, confirman la singularidad de la persona y el aprecio que despertaba.
Como no es demasiado conocido pues aporta información mencionar que en España se ha superado por primera vez este listón tan llamativo de los dos millones de musulmanes, pero en esta columna pienso que no me hacen falta titulares espectaculares y además el cálculo es una estimación, en nuestro país no figura la confesión religiosa entre los datos del censo (la fuente es el informe anual bajo el nombre "Estudio demográfico de la población musulmana", elaborado por la Unión de Comunidades Islámicas de España -UCIDE-).
Puede sorprender el hecho de que la primera nacionalidad entre los musulmanes de España es la española, seguida de cerca por la marroquí (cada uno con más de 800 mil fieles); a mucha distancia, con algo menos de 100 mil, ciudadanos con nacionalidad de Pakistán, Senegal y Argelia. Que haya mucho inmigrante nacionalizado entre el colectivo pues es otra de las realidades muy reales y muy ignoradas de nuestro país, porque son tan españoles como el resto, por ejemplo, a la hora de votar.
Los municipios con mayor número de conciudadanos musulmanes son Barcelona, Ceuta, Madrid y Melilla, seguidos de El Ejido (Almería) y Murcia.
En el mundo tampoco es frecuente conocer que los países con mayor número de musulmanes son Indonesia, Pakistán, India, Blangladesh, Nigeria, Irán, Turquía y Egipto, el primer país árabe de la lista.
Difícil hablar de 1.800 millones de personas como un todo homogéneo, aún más difícil extrapolar al conjunto la versión saudí del islam o cualquier otra.
Y hasta aquí la información.

PARTE CORONAVIRUS
La multiculturalidad, la diversidad religiosa en España es una realidad no visible, o poco visible, aquí no ha triunfado la manifestación pública de festividades no católicas, como sucede en Francia o al menos en el cine francés, lo que no deja de ser una declaración de intenciones; tampoco nuestros primeros ministros piensan que les aporta nada romper el ayuno con la harira al atardecer de uno de los días del ramadán, como sí suelen hacer por Canadá en cualquier época y en EEUU en tiempos demócratas.
Este año, por aquello de ilustrar la fe de forma espectacular, la imagen de La Meca o el Vaticano sin fieles da un aspecto de centro comercial vacío a estos grandes centros religiosos, de lo que se podría deducir que la divinidad es una creación humana o al menos depende del público.
La covid-19 ha traído grandes novedades. Una de las más sorprendentes ha sido en esta gran crisis sanitaria mundial que la religión está desaparecida, no en su faceta espiritual y personal para quien tenga fe, sino en su parte no pequeña de representación cultural y social; incluso caritativa. Y hasta la vertiente social de la Semana Santa católica, de la romería del Rocío, del Corpus y ésta del ramadán, pues se han superado con gesto mohíno pero sin grandes aspavientos religiosos, en claro contraste con la multitud de personas que arrastran sus celebraciones públicas.
Hemos descubierto con la cuarentena forzada por la covid-19 que se puede vivir sin coger el coche a diario, sin hacer ocho compras semanales, sin deporte-espectáculo y sin manifestaciones públicas de la religión, lo que tiene todo ello elementos de modernidad.
Cuentan las crónicas que el terremoto de Lisboa de 1755, aparte de marcar el nacimiento de la sismología, provocó una reacción tremenda para demostrar racionalmente la existencia del Dios cristiano, noqueado el personal por tamaña muestra de cólera divina. También tuvo una respuesta ilustrada y filosófica. Nada de esto lo hemos visto aún como consecuencia del coronavirus.

PARTE INCLASIFICABLE
Ilustración cortesía de Casa Árabe.
El ramadán es una época muy adecuada para hablar de diversidad cultural, de inmigración, de integración, escapando de su habitual conexión mediática con la violencia, y quizá por esa causa no es frecuente encontrar esta fiesta y sus seguidores en los medios de comunicación. Musulmán y pacífico son dos palabras que no parecen casar bien desde el punto de vista del info-entretenimiento, y eso que ya llevamos al menos un lustro comprobando que el mayor problema de violencia política en Europa y norte de América procede de la extrema derecha violenta, no de los seguidores de Alá radicalizados.
Reconozcamos los esfuerzos por aflorar el ramadán a Informe Semanal, por haber dedicado un reportaje (desde Rabat); se suma alguna media página en algún periódico, pero poca cosa.
En el cajón de los sucesos inclasificables de esta columna, subsección de cretinismo, debe figurar que el Ministerio de Asuntos Exteriores tuvo el gesto de publicar en Twitter "¡Feliz #Ramadán a todos nuestros amigos musulmanes! En su comienzo atípico este año, saludamos a los miles de ciudadanos que celebran desde hoy, en #España y el mundo, este periodo central de su fe"; tuit que fue respondido por no pocos internautas con fotografías de bocadillos de jamón.
Otro tema sólo aquí apuntado que sugiere el ramadán es que entre los colectivos aplaudidos a rabiar durante las últimas semanas (costumbre a la baja) poco nos hemos acordado de que en muchas partes de España los trabajadores en la agricultura son mayoritariamente extranjeros, y ahí habrá también mucho musulmán. ¿Los consideramos héroes?, no lo parece.
El equivalente a la lejía y a los geles higienizantes hidroalcohólicos contra la ignorancia, el racismo y la memez, sigue siendo la información y la cultura. Siguiendo con iniciativas de Exteriores, que llaman diplomacia pública, contra viento y marea, por decirlo así, Casa Árabe celebra Noches de Ramadán con una programación especial online; desde Casa África siguen ofreciendo contenidos y al minuto la evolución del coronavirus en el continente (pese al alarmismo, en nuestros vecinos del sur y mundo árabe no se está extendiendo la pandemia como se podría sospechar, la ciencia nos lo explicará a medio plazo); y desde Casa Mediterráneo pues están haciendo también un esfuerzo por animar el encierro domiciliario.
"Noruega siglo VIII. Una nave espacial se estrella cerca de un poblado vikingo", reza la sinopsis de una película emitida en estos tiempos de coronavirus. ¿Hay quien dé más en trece palabras?

Sugerencias




sábado, 18 de abril de 2020

La prime de risque social

On ne sait pas si le navire-hôpital vient à la rescousse
ou va écraser Miss Liberty. Photo: Andrew Kelly / Reuters.
La prime de risque obsédée en 2008 et la courbe des infectés et des morts en 2020, deux attitudes différentes des décideurs politiques et des citoyens référents. Risque pays et risque citoyen ; on pourrait dire qu'ils sont fondamentalement la même chose, mais l'expérience a montré que l'approche conditionne le résultat et que les bénéficiaires finaux ne coïncident pas. 
Quant à la réponse à la crise de 2008/2018, aucun test de laboratoire n'a confirmé que l'assainissement financier au prix d'une dette publique énorme a débordé les comptes de résultats des entreprises au profit du peuple.
Il y a un peu plus de dix ans, deux premiers ministres espagnols disposaient d'une application pour téléphone portable qui leur montrait l'état d'esprit des marchés financiers en temps réel ; peut-être qu'aujourd'hui Pedro Sánchez a quelque chose de similaire pour la courbe des décès ou des patients à l'hôpital. 
Les différences entre les deux crises peuvent également être détectées dans d'autres politiques publiques. La sécurité traditionnelle a délimité le champ d'action aux frontières de l'État, aux siennes et à celles de ses voisins. En d'autres termes, la sécurité physique organisée continue à être gérée par l'État, alors que les menaces sont mondiales. Pour cette raison et d'autres encore, avec la crise provoquée par la maladie covid-19, le secrétaire général de l'OTAN nous encourage à ne pas cesser d'augmenter les budgets de la défense, certains nuages se profilent à l'horizon. Dans le cadre de cette Alliance, l'Espagne a demandé et reçu de l'aide de la Turquie et de la République tchèque, jusqu'à présent la nature multinationale de la réponse, en attendant que les gouvernements nationaux décident d'unir leurs forces sous l'égide de l'UE (en matière financière, la BCE, la Commission et le Parlement européen ont approuvé des initiatives).
Trois nouveautés peuvent être mises en évidence de cette crise sanitaire qui va évoluer vers des aspects économiques, sociaux et bien sûr politiques. La première nouveauté est celle mentionnée ci-dessus : la première préoccupation de cette crise est humaine, contrairement à la Grande Récession, et c'est pourquoi la mobilisation de ceux qui défendent avec force leurs intérêts économiques, des acteurs ayant une grande capacité de pression, de dialogue et de présence médiatique, grince et se comprend. 
La deuxième nouveauté, du point de vue de la sécurité, est que l'ennemi n'est pas humain. Après une décennie d'indéfinition avec la fin de la guerre froide, le terrorisme s'est imposé au cours des trois premières décennies du XXIe siècle comme une menace toute puissante et omniprésente, une ressource déjà épuisée - ni en termes de nombre de victimes ni de justification militaire - et qui a été remplacée ces cinq dernières années par des cybermenaces.
Dans les deux cas, il y a des gens derrière, voire des États dans certains cas, la sécurité pourrait diriger ses instruments vers quelque chose de physique et vers des décideurs humains ; ce n'est pas le cas aujourd'hui avec les virus. Dans cette crise, nous avons beaucoup de héros et de victimes, mais il nous manque un humain ou un méchant de l'État pour en assumer les conséquences. Quant au cyber, reconnaissons que le vrai virus est plus dangereux que le virus de la désinformation, avec des exagérations évidentes dans le diagnostic qui semblent prétendre que cette nouvelle pandémie ressemble à la géopolitique habituelle. 
Troisièmement, les stratégies de sécurité nationale ont inclus les pandémies et les crises sanitaires, mais pas comme une menace directe, mais comme un risque indéterminé en compagnie d'autres personnes que nous ne savons pas très bien comment évaluer (« défi » est le terme espagnol pour 2017) ; ils se sont trompés, ce n'est pas un des défis (une sorte de boîte à couture), mais une menace directe. Ce qui est pertinent, c'est que la réponse à cette menace ne peut pas s'appuyer sur les moyens traditionnels.
Bien sûr, les forces armées disposent de capacités extrêmement utiles pour faire face à une crise sanitaire comme celle que nous connaissons : il suffit de voir l'action de l'unité militaire d'urgence ; la surveillance des infrastructures critiques aussi ; la santé militaire est probablement sous-financée, mais nous avons un grand hôpital de la Défense qui, bien qu'il n'ait pas la capacité d'accueillir des dictateurs amis, dessert un quartier important de Madrid, et est très utile comme réserve d'urgence, tout comme la pharmacie militaire, qui devra être renforcée d'une manière ou d'une autre. 
Une autre chose est l'utilisation de l'armée dans des tâches de sécurité citoyenne, comme cela a été annoncé, très discutable dans un pays qui compte 250 000 agents de police (dont la moitié est assez bien formée) et jusqu'à présent heureusement non mis en pratique en raison de l'imposition du bon sens, plus que de la jalousie des organismes publics, nous l'espérons.
La crise provoquée par la maladie du coronavirus est donc nouvelle à trois égards : la population est en première ligne des préoccupations ; l'adversaire n'est pas humain ; et la menace à moyen et long terme n'a pas de réponse militaire ou policière, mais nécessite un renforcement des services de santé publique et de protection sociale. 
Tout ce qui précède met en évidence un concept qui a été abandonné et qui émerge avec la force de la logique par intermittence et qui apparaît maintenant au premier plan : la sécurité humaine. Il s'agit d'un cadre général qui inclut la sécurité physique, mais aussi la sécurité des personnes, du travail et de la santé, au-delà de l'équilibre du nombre de chars ou de la dissuasion nucléaire ; il vise à garantir des conditions de vie acceptables, afin que les citoyens aient le sentiment d'avoir un certain contrôle sur ce qui se passe.
Les exemples abondent pour montrer que la priorité dans les crises récentes a été l'économie financière, les eaux territoriales, la souveraineté limitée des États, et qu'en fin de compte, les gens sont censés se trouver dans cette économie et ces limites géographiques ; mais dans la réponse, il y a aussi des cas de restriction des libertés individuelles dans l'intérêt d'une plus grande sécurité, de déconnexion entre le citoyen et la sécurité. 
La crise du covid-19 a bouleversé l'équation : il n'y a pas de sécurité sans les gens. Nous sommes passés du risque pays au bien-être du citoyen au sens le plus large, qui commence par la santé et se poursuit avec le travail. Les circonstances de ce début d'année 2020 vont en tout cas nous obliger à repenser les stratégies sociales, de sécurité, de défense, d'entreprise et de travail ; et surtout et avant toute chose, à résoudre une question fondamentale : la somme du secteur public a-t-elle aujourd'hui la capacité de maintenir la prime de risque social sous contrôle ?

Texte original en espagnol. Traduction gracieuseté du magazine Atalayar.



jueves, 16 de abril de 2020

The social risk premium

It is not clear whether the hospital ship is coming to the rescue
or is going to run over Miss Liberty. Photo: Andrew Kelly / Reuters.
The risk premium became an obsession in 2008 and the infected/dead curve in 2020, two different attitudes on the part of policy makers and by referral. National risk and citizen risk; it could be said that they are basically the same thing, but experience has shown that the approach conditions the outcome and the final recipients do not coincide.
As for the response to the 2008/2018 crisis, there are no laboratory tests that have confirmed that financial clean-up at the cost of huge public debt has flooded corporate income statements to benefit the common people.
Just over a decade ago, two Spanish prime ministers had a mobile phone application that indicated the state of mind of the financial markets in real time; perhaps today Pedro Sánchez has something similar for the curve of deaths or hospital admissions.
The differences between the two crises can also be detected in other public policies. Traditional safety has defined the scope of action to State borders, its own and those of its neighbours. In other words, organized physical safety continues to be state-run, when the threats are global. For this and other reasons, with the crisis caused by the COVID-19 disease, NATO's Secretary General encourages us not to cease increasing defence budgets, some clouds are gathering on the horizon. Within the framework of this Alliance, Spain has asked for help and has received it from Turkey and the Czech Republic, up to now the multinational nature of the response, while waiting for national governments to decide to join forces under the umbrella of the EU (in financial matters the ECB, the Commission and the European Parliament have approved initiatives).
Three new developments can be highlighted from this health crisis that will evolve into economic, social and of course political ones. The first development is the one mentioned above: the first concern of this crisis is human, unlike the Great Recession, and that is why the mobilisation of those who defend their economic interests with strength, players with a great capacity for pressure, dialogue and media presence, squeals and is understood.
The second development, from the safety point of view, is that the enemy is not human. After a decade of uncertainty with the end of the Cold War, terrorism has taken over the first five years of the 21st century as an all-powerful and omnipresent threat, a resource that has already been exhausted - not in terms of number of victims or military justification - and which has been replaced by cyber threats in the last five years.
In both cases there are people behind it, even States in some cases, security could aim its weapons at something physical and at human perpetrators; this is not the case today with viruses. In this crisis we have many heroes and victims, but we lack a human or State villain to match the consequences. As for the cyber, let us recognize that the real virus is more dangerous than the virus of disinformation, with evident exaggerations regarding diagnosis that seem to pretend that this novel pandemic resembles the usual geopolitics.
Thirdly, national safety strategies have included pandemics and health crises, but not as a direct threat, but as an undetermined risk in the company of others that we do not know very well how to gauge (“challenge” is the Spanish term for 2017); they were wrong, it is not one of the challenges (a sort of catch-all), but a direct threat. What is relevant is that the response to this threat cannot rely on traditional means.
Of course, the Armed Forces have extremely useful capabilities to face a health crisis like the one we are experiencing: you only have to look at the action of the Military Emergency Unit; also the supervision of critical infrastructure; military health is probably underfunded, but we have a large Defence hospital that, although it does not have the capacity to house friendly dictators, it does serve an important neighbourhood of Madrid, and it is very useful as an emergency backup, just like the military pharmacy, which will have to be strengthened in some way.
A different thing is the use of the military in tasks of citizen safety, as has been announced, very debatable in a country with 250,000 police agents (half of them quite well trained) and until now fortunately not put into practice due to the imposition of reason, more than due to jealousy among public bodies, we hope.
The crisis caused by coronavirus disease is therefore a triple new development: people are in the front line of concern; the adversary is not human; and the medium to long term threat has no military or police response, but requires a strengthening of public health and social protection services.
All of the above points to a concept that has been abandoned and emerges with the force of logic in an intermittent manner and now appears in the foreground: human safety. It is a broad framework that includes physical safety, but also personal, labour and health safety, beyond a balance in the number of tanks or nuclear deterrence; it aims to guarantee acceptable living conditions, so that citizens feel they have some control over what happens.
Examples abound of how the priority in recent crises has been the financial economy, territorial waters, defined state sovereignty, and then in the end it is assumed people within that economy and those geographical boundaries; but in the response there are also cases of cutting back on individual freedoms in the interests of greater security, of disconnection between citizen and safety.
The COVID-19 crisis has turned the equation on its head: there is no safety without people. We have moved from national risk to the well-being of the citizen in the broadest sense, which begins with health and continues with work. The circumstances at the start of 2020 will, in any case, force us to rethink social, safety, defence, business and labour strategies and, above all, to resolve a fundamental question: is the sum of the public's resources capable today of keeping the social risk premium under control?

Original text in Spanish. Translation courtesy of Atalayar magazine.