martes, 25 de febrero de 2020

Des récits soûlants


Les concurrents du programme Operación Triunfo 2020 (version espagnole du programme Star Academy), âgés de vingt ans, utilisent l'expression « sortir de la zone de confort » lorsqu'ils doivent se présenter devant une caméra. Qu'elle soit spontanée ou induite par l'équipe de scénaristes, dans les deux cas, elle refléterait le succès de certaines formules rhétoriques, des constatations apparentes qui s'étendent jusqu'au tout dernier coin.
Du chef de l'État à un adolescent, une grande partie des 47 millions d'habitants et une partie des 83 millions de touristes étrangers qui nous rendent visite utilisent peut-être l'expression en ce moment, sans s'arrêter à penser qu'on ne peut toujours pas entrer ou sortir de la zone de confort à volonté, ce qui est peut-être notre compétence et mieux vaut ne pas expérimenter, se réjouir du processus en tout cas des amateurs de coaching et de rhétorique.
Plus important encore, le phénomène le plus réussi de la dernière décennie a été l'imposition du récit comme mantra de la communication politique et commerciale : l'art de raconter des histoires. Ne nous fions pas aux faits, au pouvoir des faits, nous devons atteindre la tête à parti du cœur, a-t-on dit, et dans de nombreux cas, on a directement renoncé à la raison.  
Rien ne nous a été dit ces dernières années sans faire allusion aux sentiments. Le contenu rationnel est passé au second plan, même si la décision de faire appel au sentiment est très rationnelle.
Il y a dix ans, l'essayiste français - un expert en littérature - Christian Salmon a publié un livre intitulé ‘Storytelling. La machine à fabriquer les images et à formater les esprits’, une des références sur ce sujet, publié en Espagne avec un prologue d'un cadre supérieur d'une des principales agences de publicité. Il a été un publiciste à succès et l'auteur de l'extension de ce courant de narration venu des États-Unis dans les années 90, avec des antécédents glorieux.
Si, en ce début d'année 2020, le Premier ministre britannique Boris Johnson menace d'étouffer économiquement la BBC, le président américain Donald Trump accuse depuis quatre ans NBC, CNN, le New York Times et le Washington Post d'être les principaux distributeurs de fake news, et il faut rendre hommage à Richard Nixon pour avoir ouvert la voie avec la phrase « la presse est l'ennemi » un esprit adopté avec enthousiasme par cet acteur appelé Ronald Reagan. 
L'objectif était et est de fixer l'agenda, et depuis lors, nous avons assisté à une mise en scène, à des discours visant à modifier l'humeur des électeurs, à une campagne électorale permanente et à la construction narrative du message politique.
Avec cet objectif, il n'y avait pas et il n'y a pas de limites, toujours en parlant de ceux qui ont des scrupules limités. Rappelons que l'on attribue à Reagan la véritable invention de la soi-disant « queen welfare », la fiction racontée comme réelle d'une femme qui, accumulant de généreuses prestations sociales publiques, finit par acheter une Cadillac ; le même discours est répété quatre décennies plus tard en Espagne en référence aux immigrants plus âgés et plus jeunes. 
« Les anecdotes ont remplacé les statistiques dans le discours officiel ; et les fictions du président ont remplacé la réalité », se souvient Salmon qui est passé par un processus poursuivi par Bill Clinton ; qui a connu des pics difficiles à atteindre lors de l'invasion de l'Irak par Bush Jr. et qui a continué à mener à l'extrême Trump.
A ce stade, il est toujours intéressant de faire allusion à la convergence croissante entre Hollywood et le Pentagone, la guerre a fini par être un jeu vidéo, jamais pour les victimes ; des théâtres virtuels, des simulateurs de frégates, des sous-marins, des chasseurs et des hélicoptères sont organisés, les attaques reçues sont inventées et celles qui sont menées sont dissimulées. 
Le complexe militaro-industriel d'Eisenhower s'est transformé en un complexe militar-entertainment, reflété dans la fiction télévisée avec un nouveau sous-genre, le thriller de la sécurité nationale, où des séries comme Homeland, la normalisation d'un état permanent d'exception.
« Le président est l'auteur, le réalisateur et l'acteur principal d'une séquence politique qui dure toute la durée d'un mandat, dans le style des séries qui passionnent le monde comme 24 ou À la Maison-Blanche », ajoute Salmon. « La Maison Blanche, avec le bureau ovale en son cœur, est considérée comme une scène, le plateau où est tourné le film présidentiel ». 
À cette époque, à la fin du siècle, l'industrie du divertissement s'empare de la plupart des médias et des chaînes de télévision aux États-Unis. La fiction l'emporte sur la réalité (‘infotainment’), ce qui n'est pas mauvais pour le divertissement bien que si pour l'information ; et là où il y a une large zone frontalière, elle s'effondre de façon très distraite.
Nous avons été témoins de l'impact croissant des séries télévisées sur la vie quotidienne des Américains, a souligné Salmon, qui a fini par atteindre cette péninsule du sud de l'Europe avec des politologues recommandant des séries comme traités à étudier, la réalité chassant la fiction. 
Le livre de Salmon critiquait déjà le phénomène et les politiciens français il y a dix ans, « formatés par leurs conseillers experts en narration, ils ont contribué à discréditer la politique, à s'adresser aux individus en tant que public, à éviter l'adversaire, à échapper aux partis et à remplacer le débat public par la capture des émotions et des désirs ».
Tout a été une histoire, toute une narration, de là elle est passée naturellement aux faits alternatifs de Trump, à l'invention d'une réalité toujours reconnaissante d'un certain financement : en particulier, le président des États-Unis a lancé cette 2019 que nous venons de fermer 218 000 annonces sur Facebook pour un coût de 20 millions de dollars, avec une préférence pour les messages contre l'immigration et les attaques contre ses rivaux politiques. 
La clé est de savoir si le paysage de la communication change, la façon dont les entreprises, les institutions ou les hommes politiques cherchent à se connecter avec le citoyen, au-delà de cette conversation supposée facilitée par les médias et les réseaux numériques - nous pouvons tous être des expéditeurs de messages -, vraie en théorie et si difficile à trouver en pratique.
Peut-être l'art de raconter des histoires a-t-il été une autre victime de la véritable bonne décennie de la crise 2008/18, la Grande Récession, la fumée bien connue des entreprises qui a fini par avoir des conséquences matérielles et professionnelles ; l'histoire n'a pas non plus résisté à un cadre politique de coupes puis de gels budgétaires. 
La technique du comptage a pris le dessus sur ce qui est compté et est devenue une fin en soi, même si certains signes indiquent que nous sortons de l'ère du récit.
Récemment, un Bureau national pour la prospective et la stratégie à long terme du pays a été créé dans le cadre de la présidence espagnole du gouvernement, qui s'inscrit à nouveau dans la narration avec un nom aussi long, mais dont le contenu éveille l'espoir dans sa tâche prévue d' « analyser systématiquement les preuves empiriques disponibles pour identifier les éventuels défis et opportunités démographiques, économiques, géopolitiques, environnementaux, sociaux ou éducatifs auxquels l'Espagne devra faire face à moyen et long terme, et pour aider le pays à s'y préparer ».
Le moment a changé, tout comme la citoyenneté, tout comme l'atmosphère dans laquelle toute initiative de communication fonctionne, et bien que la mode de l'histoire soit toujours aussi forte, tout semble différent, et puis quand on détecte à nouveau l'histoire vide, on se retrouve avec le même visage que quand on entend un jeune concurrent d’Operación Triunfo parler de la zone de confort : surprise initiale minimum et néant après trois secondes. 
Le même Christian Salmon du storytelling en 2007 vient de publier ce 2019 un nouvel ouvrage intitulé ‘L'ère de la confrontation. De la narration à l'absence de narration’. 
Salmon dit aujourd'hui que tant d'histoires et de récits ont discrédité la parole publique, et que maintenant la conquête de l'attention, comme celle du pouvoir, est basée sur la confrontation.
Nous certifions ici la mort de l'histoire, même si elle est en risque, à savoir le parcours des phénomènes contemporains dans le style de la campagne électorale permanente, la simplification des messages, le personnalisme dans la communication, la lutte théâtrale pour obtenir une place minimum dans l'espace médiatique saturé. 
On ne peut pas s'attendre aux mêmes résultats en utilisant les mêmes instruments à des moments différents, et quelque chose indique que le destinataire de la communication a une autre perspective en tournant les pages du calendrier, et surtout qu'il a le sentiment que son histoire a tellement changé.

Texte original en espagnol. Traduction gracieuseté du magazine Atalayar.

sábado, 22 de febrero de 2020

Empacho de relato

Los veinteañeros concursantes de Operación Triunfo 2020 utilizan la expresión "salir de la zona de confort" cuando tienen que presentarse a sí mismos ante una cámara. Sea espontáneo o inducido por el equipo de guionistas, reflejaría en ambos casos el éxito de ciertas fórmulas retóricas, aparentes hallazgos que se van extendiendo hasta el último rincón.
Desde el jefe del Estado a un adolescente, muchos de los 47 millones de habitantes y algunos de los 83 millones de turistas extranjeros que nos visitan pueden estar utilizando ahora mismo la expresión, sin pararse a pensar en que de la zona de confort igual no se puede salir ni entrar a voluntad, que quizá sea donde somos competentes y mejor no hacer experimentos, para regocijo el proceso en cualquier caso de amantes del coaching y de la retórica.
De mucho mayor calado, el fenómeno más exitoso de la última década ha sido la imposición del relato como mantra de la comunicación política y empresarial: el arte de contar historias. Desconfiemos del dato, de la fuerza de los hechos, hay que llegar a la cabeza a través del corazón, se venía a decir, y en muchos casos se ha prescindido directamente de la razón.
Nada se nos ha contado en los últimos años sin aludir al sentimiento. El contenido racional ha pasado a segundo plano, aunque sea muy racional la decisión de apelar al sentimiento.
Hace una década, el ensayista francés -experto en literatura- Christian Salmon publicó un libro titulado "Storytelling. la máquina de fabricar historias y formatear las mentes", una de las referencias sobre este tema, publicado en España con prólogo de un alto ejecutivo de una de las principales agencias de publicidad.
Situaban con acierto publicista y autor la extensión de esta moda del storytelling a partir de los EEUU de los noventa, con antecedentes gloriosos.
Si en este comienzo de 2020 el primer ministro británico Boris Johnson amenaza con asfixiar económicamente a la BBC; desde hace cuatro años el presidente de EEUU Donald Trump acusa a NBC, CNN, The New York Times y The Washington Post de ser los principales difusores de fake news; y hay que reconocer a Richard Nixon el mérito de abrir el camino con la frase "la prensa es el enemigo", espíritu recogido con entusiasmo por aquel actor llamado Ronald Reagan.
El objetivo era y es marcar la agenda, y desde aquella época asistimos a una puesta en escena, los discursos dirigidos a alterar el estado de ánimo de los electores, a una campaña electoral permanente y a la construcción narrativa del mensaje político.
Con ese objetivo ni hubo ni hay límites, hablando siempre de quienes tienen los escrúpulos limitados. Recordemos que al citado Reagan se le atribuye la invención cierta de la llamada "reina del bienestar" (queen welfare), la ficción contada como real de una mujer que acumulando generosas ayudas sociales públicas acabó comprándose un Cadillac; el mismo discurso se repite cuatro décadas después en España referido a inmigrantes mayores y menores.
"Las anécdotas sustituyeron a las estadísticas en el discurso oficial; y las ficciones del presidente a la realidad", recuerda Salmon recorriendo un proceso continuado por Bill Clinton; que tuvo picos difíciles de alcanzar durante la invasión de Irak por Bush Jr y ha llevado al extremo continuado Trump.
En este punto siempre es de interés aludir a la creciente convergencia entre Hollywood y el Pentágono, la guerra ha acabado siendo un videojuego, nunca para las víctimas; se organizan teatros virtuales, simuladores de fragatas, submarinos, cazas y helicópteros, se inventan ataques recibidos y se disimulan los realizados.
El complejo militar-industrial de Eisenhower convertido en complejo militar-entertainment, con reflejo en la ficción televisiva con un nuevo subgénero, el thriller de seguridad nacional, donde series como Homeland, la normalización de un estado de excepción permanente.
"El presidente es el guionista, el realizador y el principal actor de una secuencia política que dura el tiempo de un mandato, al estilo de las series que apasionan al mundo como 24 o El ala oeste de la Casa Blanca", añade Salmon. "La Casa Blanca, con el despacho oval en su corazón, se considera un escenario, el plató donde se rueda la película de la presidencia".
Por aquella época de finales de siglo la industria del entretenimiento se hace con la mayoría de los medios de comunicación y las televisiones de EEUU, la ficción se impone sobre la realidad (infotainment), que no es nada malo para entretenerse aunque sí para informarse; y donde existe una amplia zona fronteriza donde cae mucho despistado.
Hemos asistido al creciente impacto de las series de televisión en la vida cotidiana de los norteamericanos, señalaba Salmon, lo que ha acabado llegando a esta península del sur de Europa con politólogos recomendando series como tratados a estudiar, la realidad persiguiendo a la ficción.
El libro de Salmon ya era crítico con el fenómeno y con los políticos franceses de hace una década, "formateados por sus asesores expertos en storytelling, han contribuido a desprestigiar la política, al dirigirse a los individuos como a una audiencia, al evitar al adversario, al eludir a los partidos, han sustituido el debate público por la captación de las emociones y los deseos".
Todo ha sido relato, todo narrativa, de ahí se ha pasado naturalmente a los hechos alternativos de Trump, a la invención de una realidad que siempre agradece cierta financiación: en concreto, el presidente de EEUU lanzó este 2019 que acabamos de cerrar 218.000 anuncios en Facebook con un coste de 20 millones de dólares, con preferencia hacia los mensajes contra la inmigración y ataques a sus rivales políticos.
La clave es si el panorama de la comunicación está cambiando, la forma en que empresas, instituciones o políticos buscan conectar con el ciudadano, más allá de esa supuesta conversación que facilitan los medios y redes digitales -todos podemos ser emisores de mensajes-, cierto en la teoría y tan difícil de encontrar en la práctica.
Puede que el arte de contar historias haya sido otra de las víctimas de la bien real década de crisis 2008/18, la Gran Recesión, el humo empresarial muy bien contado acabó teniendo consecuencias materiales y laborales; el relato tampoco ha aguantado un marco político de recortes y luego congelación presupuestaria.
La técnica de contar se ha adueñado de lo que se cuenta y se ha convertido en un fin, aunque se acumulan indicios que apuntan a que estamos saliendo de la era del relato.
Recientemente se ha creado en la presidencia del Gobierno español una llamada Oficina Nacional de Prospectiva y Estrategia de País a Largo Plazo, que vuelve a caer en la narrativa con tan largo nombre, pero cuyo contenido despierta esperanzas en su tarea prevista de "analizar de manera sistemática la evidencia empírica disponible para identificar los posibles retos y oportunidades demográficos, económicos, geopolíticos, medioambientales, sociales o educativos que España tendrá que afrontar en el medio y largo plazo, y de ayudar al país a prepararse ante ellos".
Ha cambiado el momento, la ciudadanía, el ambiente en el que opera cualquier iniciativa de comunicación, y aunque la moda del relato sigue campando a sus anchas, todo parece distinto, y entonces cuando uno detecta una vez más el relato vacío se le queda la misma cara que cuando escucha a un joven concursante de Operación Triunfo hablar de la zona de confort: sorpresa mínima inicial y la nada pasados tres segundos.
El mismo Christian Salmon del storytelling en 2007 acaba de publicar este 2019 una nueva obra titulada "La era del enfrentamiento. Del storytelling a la ausencia de relato".
Dice hoy Salmon que tanto relato y tanto contar historias ha supuesto el descrédito de la palabra pública, y ahora la conquista de la atención, al igual que la del poder, se basa en el enfrentamiento.
Certificamos aquí la muerte del relato, aunque colee, a saber el recorrido de fenómenos coetáneos del estilo de la campaña electoral permanente, la simplificación de los mensajes, el personalismo en la comunicación, la lucha teatral por conseguir un mínimo hueco en el saturado espacio mediático.
No se pueden esperar los mismos resultados utilizando los mismos instrumentos en momentos diferentes, y algo indica que el receptor de la comunicación tiene otra perspectiva pasando las páginas del calendario, y sobre todo siente que le ha cambiado tanto relato.

Sugerencias



lunes, 9 de diciembre de 2019

Comunicando Europa

Las instituciones y organismos que forman la Unión Europea suman una maquinaria de comunicación institucional de las más potentes del planeta.
El español Mikel Landabaso, responsable desde 2016 de Estrategia y Comunicación Corporativa de la Comisión Europea, recordaba este pasado septiembre en Santander, en el marco de un curso de verano organizado por el Movimiento Europeo, que las ruedas de prensa y web de la Comisión son las mayores del mundo, e insistía además la dificultad de comunicar en tiempos de desinformación.
Landabaso consideraba en aquel foro la comunicación como una conversación interactiva; y afirmaba que los datos y hechos no hablan por si mismos, hay que enmarcarlos en valores; y en esa dirección se dirige la voluntad de las últimas campañas de la Comisión, llegar a la cabeza del ciudadano a través del corazón, contando historias reales de personas reales. De este modo se observa que tras la comunicación empresarial (BMW y la mano por la ventanilla) y la comunicación política (populismos), la comunicación institucional de la UE ha entrado también en buscar la fibra sensible de un ciudadano emocionalmente asediado y que vive al borde del infarto o de la indiferencia por sobredosis.
Otro enfoque para comprender mejor el proceso de comunicación institucional es prestar atención a los profesionales y medios encargados de reproducir los contenidos.
La profesora de Relaciones Internacionales, Unión Europea y Comunicación de la Universidad CEU San Pablo, Marta Hernández Ruiz, acaba de publicar una investigación muy rigurosa sobre cómo se refleja la información sobre asuntos europeos en los medios de comunicación españoles.
El trabajo destaca en cuanto a la metodología y exhaustividad del análisis de lo publicado por cuatro de los principales medios españoles -El País, El Mundo, TVE y Telecinco- durante 2013 y 2014. Asimismo se centra también el estudio en la creación de la opinión pública y cómo se construye la interpretación más extensamente aceptada de la realidad, proceso en el que interaccionan la agenda y los esfuerzos de las instituciones europeas, pero muy poderosamente la agenda de los propios medios y también la agenda política nacional (teoría de la agenda setting).
En las elecciones al Parlamento Europeo de 2014, señala la autora, "en un importante porcentaje no se cubrió como información europea, sino nacional; se buscaba el componente de confrontación, cercanía y entretenimiento que aporta especialmente la información política nacional".
En la publicación aparecen elementos imprescindibles para comprender el proceso de la comunicación en nuestro país, como la alta concentración empresarial, la primacía del infoentretenimiento sobre información más dura como la europea, la debilidad del servicio público y de los medios públicos de comunicación que podrían otorgar mayor cobertura a los temas europeos frente a los privados, entre otros.
Para la autora, "la UE no condiciona la agenda mediática, sino que forma parte de la misma en la medida en que se adapta a las temáticas previamente seleccionadas por los medios como los más importantes".
Desde este punto de vista, la maquinaria institucional más potente del planeta no tendría fuerza suficiente para marcar la actualidad informativa, fijada por los medios con criterios nacionales; otro tema a plantear sería si los medios son autónomos en la fijación de la agenda o responden a intereses económicos de las empresas periodísticas y de los anunciantes.
En este sentido, cualquier acercamiento a la comunicación en España, incluida la tan reiterada desinformación / fake news, está obligado a prestar atención a la debilidad actual del periodismo en un doble sentido, tanto en lo que se refiere a la falta de independencia de las empresas como a la precariedad laboral de los profesionales que elaboran la información.
Otro aspecto interesante del libro es que no existe una relación entre las competencias de la UE y su impacto en los medios, es decir, a más poder de la UE -en política agraria, medioambiental, empresas- no hay mayor cobertura.
La investigación está marcada claramente por los temas que coparon la actualidad durante los años objeto de investigación, especialmente la crisis económica, Ucrania o la crisis migratoria y de refugiados, aunque las principales conclusiones son de gran utilidad para comprender el momento actual.
Bienvenidos análisis sobre cómo funciona la comunicación, casi siempre mucho más que un vehículo intermedio entre instituciones y ciudadanos, con los medios como agentes imprescindibles y con sus propios intereses en el proceso de recopilación y difusión de información. En la comprensión y actuación sobre este proceso se encuentran claves sobre cómo disminuir la distancia entre instituciones y ciudadanos, entre el diseño de políticas y sus beneficiarios.
La cobertura ideal o mejorada de la información relacionada con la UE no sería "incrementar la cobertura de las virtudes del proceso de integración", afirma la autora, "ése no es el cometido de los medios, sino de transferir a la esfera pública nacional un debate serio sobre una organización internacional que , actualmente, cuenta con cuotas de poder muy importantes".
Sobre Europa, también en relación con otros ámbitos, como la seguridad, la defensa o la energía, el ideal informativo ya no sería que hablaran bien de uno / de ellos, objetivo permanente de quienes trabajan en esos sectores y profesionales afines; lo mejor para el ciudadano es que exista debate público sobre temas esenciales para organizar la sociedad y el espacio compartido; y a largo plazo muy probablemente los sectores económicos e institucionales afectados acabarían dándose cuenta de que les interesa una mejora en la percepción del ciudadano como resultado de la confrontación de ideas, que las decisiones no se toman completamente a sus espaldas porque participa o asiste a su discusión.

Marta Hernández Ruiz, La Unión Europea en los medios de comunicación españoles: estudio de primer nivel de la teoría de la Agenda Setting, Pamplona, Aranzadi, 2019.



lunes, 4 de noviembre de 2019

Habemus Ley de Seguridad Nacional

Artículo publicado también en infoLibre.
Llevamos semanas, meses, oyendo llamamientos para aplicar en Cataluña la Ley de Seguridad Nacional, caso peculiar de clamor político solo comparable con el interés relacionado en activar uno de los artículos de la Constitución sobre el mismo territorio, una especie de pensamiento mágico sobre los efectos de la legislación que no se ha mostrado muy productivo en el pasado reciente.
La novedad de esta columna es que la Ley en cuestión ya se está aplicando, por métodos distintos a los esperados por sus propagandistas, y tiene contenidos poco conocidos.
Reconozcamos que no andan sobrados de credibilidad los partidarios teóricos de la Ley. En las elecciones generales celebradas en abril, desde la oposición conservadora, ultra conservadora y extrema se situó al presidente Pedro Sánchez al margen de la Constitución; conocida la sentencia del Tribunal Supremo el 14 de octubre poco recorrido dejaron para incrementar la dosis de exigencia al Gobierno central sobre el independentismo catalán.
En cualquier caso, en esa hipótesis del presidente triscando por las montañas agrestes del más allá de la Constitución no se acaba de ver qué interés tendría en aplicar ninguna otra ley, pero volvamos a este lado de la realidad.
La Ley de Seguridad Nacional se aprobó en el Congreso en el verano de 2015 -Rajoy de presidente- por una amplia mayoría parlamentaria; el reproche nacionalista de que la ley se había elaborado con la voluntad de limitar competencias autonómicas sonaba en aquellos momentos estrambótico.
Entre las novedades de la ley destaca la creación de una situación de interés para la seguridad nacional para aplicar en casos extraordinarios, cuya gravedad no requiere los estados de alarma, excepción y sitio que figuran en la Constitución y regula una ley de 1981.
Esa nueva situación de interés para la seguridad nacional debe ser declarada por el presidente del Gobierno mediante un Real Decreto, y se entiende aquélla que, por la gravedad efectiva o potencial de sus efectos y la dimensión o transversalidad de las medidas para su resolución, requiere la coordinación reforzada de las autoridades competentes en el desempeño de sus funciones ordinarias, bajo la dirección del Gobierno en el marco del sistema de seguridad nacional.
La Ley obtuvo el claro rechazo en el Parlamento de los portavoces de ERC y PNV, y la Generalitat de Cataluña interpuso un recurso ante el Tribunal Constitucional, que se desestimó en noviembre de 2016 mediante sentencia que considera que la norma no invade las competencias de la Generalitat, añade en relación con las Comunidades Autónomas que la Ley “contempla de forma expresa su participación en la gestión de la crisis desde las tempranas fases de prevención y detección, así como su intervención en el Consejo de Seguridad Nacional, incluso antes de que dicha declaración tenga lugar”.
La sentencia señala que la situación de interés para la seguridad nacional no altera el esquema de reparto de competencias, pues cada Administración sigue ejerciendo las que le corresponden, “si bien en el marco de una situación de mayor coordinación, justificada por la envergadura y relevancia de la crisis que debe afrontarse, la cual exige una movilización unitaria de los medios disponibles”.
Se trata por tanto de “la coordinación reforzada entre administraciones”, lo que “presupone, lógicamente, la existencia de competencias autonómicas que deben ser coordinadas, competencias que el Estado debe respetar”.
Parece claro que la Ley de Seguridad Nacional no es el instrumento para tomar el control sobre la seguridad en Cataluña, reconducir a un presidente díscolo o a una policía autonómica que se emplea diligentemente hasta la fecha en el control de los violentos.
El objetivo y valor de la Ley fue y es mucho mayor, que no es otro que la progresiva construcción de un sistema de seguridad nacional, que la reacción y coordinación del Estado no dependa de las circunstancias, de la inspiración o de la buena o mala sintonía de los responsables políticos y operativos entre sí.
En el último lustro se ha ido fortaleciendo el departamento de Seguridad Nacional de Presidencia del Gobierno en Moncloa, con un responsable al frente nivel director general; se elabora un informe anual de seguridad nacional de interés variable; se han redactado estrategias sectoriales en ámbitos como ciberseguridad, energía, terrorismo, escenarios aeroespacial y marítimo.
Y aparece ahora activo un comité de situación que no se había reunido de forma extraordinaria, ligado a las circunstancias de seguridad del país, ni por el ébola, la abdicación del rey Juan Carlos I y coronación de Felipe VI, ni en los atentados de Cataluña del verano de 2017 (aquí algunos análisis sobre estas circunstancias).
Ésta es la novedad: la comisión de seguimiento de la situación a la que pomposamente se refieres los medios de comunicación estos días y cita el presidente Sánchez no puede ser otra que este Comité previsto en la Ley de Seguridad Nacional, desarrollado por Orden PRA/32/2018, de 22 de enero.
La Ley de Seguridad Nacional establece que el Consejo de Seguridad Nacional estará asistido por un Comité Especializado de carácter único para el conjunto del Sistema de Seguridad Nacional en materia de gestión de crisis, este Comité de Situación.
En resumen, Moncloa-Presidencia-el Gobierno central-el Estado cuenta con un Comité de Situación que se enmarca en el sistema de seguridad nacional que nace con el Consejo de Seguridad Nacional en 2013, regulado por la Ley de 2015, comité cuyo funcionamiento se concreta específicamente en 2018 y que se muestra operativo por primera vez para la gestión de crisis en septiembre-octubre de 2019.
Buena noticia entonces conocer que se han fortalecido los instrumentos del Estado, institucionales, administrativos, operativos, para dar respuesta y gestionar una crisis; afirmación independiente de la crítica o elogio hacia las decisiones que se tomen en cada momento.
Por tanto, podríamos decir que la Ley de Seguridad Nacional se está aplicando con motivo de la tensión violenta generada en Cataluña tras la sentencia del Supremo.
Para los propagandistas que quieren ir más allá tiene interés además explicar que la señalada situación de interés para la seguridad nacional no implicaría cesar al mando de los Mossos, al consejero de Interior ni a nadie.
Y aún más relevante, no puede afectar a derechos fundamentales.
El artículo 23 de la Ley dice expresamente que "la situación de interés para la Seguridad Nacional se afrontará con los poderes y medios ordinarios de las distintas Administraciones Públicas y en ningún caso podrá implicar la suspensión de los derechos fundamentales y libertades públicas de los ciudadanos".
La buena noticia es que la Ley muy lentamente pero va ayudando a construir un sistema español de seguridad, porque las instituciones y mecanismos administrativos y legales conviene dejarlos fijados y que no dependan de humores ni coyunturas.
A los impulsores de medidas excepcionales en Cataluña y España con motivo del procés habría que preguntarles hasta dónde quieren limitar temporal o permanentemente los derechos fundamentales de los españoles -catalanes y de las restantes 16 Comunidades Autónomas-, porque algunas de las fórmulas propuestas limitaría derechos, y otras como la Ley de Seguridad Nacional es explícita en excluir su recorte.

Sugerencias

  • Historiador de lo complejo, por José Álvarez Junco (El País, 24.10.2019). En recuerdo de Santos Juliá: "No es solo que conociera infinidad de datos, que los conocía, sobre la España contemporánea. Es que tenía una idea guía, un esquema explicativo bien construido, que subyacía y daba coherencia a toda su obra. Si soy capaz de sintetizarla, esa idea consistía en que la construcción de un Estado que funcione es requisito esencial para la modernización y la democratización de una sociedad".
  • Departamento de Seguridad Nacional - Moncloa: legislación y normativa.